lundi, janvier 15, 2007

"La boîte noire et autres nouvelles" de Tonino Benacquista

Une sympathique façon de découvrir, que ces petits Folio à 2€ de chez Gallimard.

Cinq nouvelles, cinq vies et parfois, évidemment, plus.

- « La boîte noire », c’est la plongée dans cette Terra Incognita qu’est notre inconscient. Laurent sort d’une courte nuit de coma, après un accident de voiture dont l’auteur, en tort, n’a pas survécu. Cette nuit pourrait avoir tout d’un grand trou noir au réveil douloureux mais ce serait sans compter la sagacité de l’infirmière de nuit, qui a pris la peine de réunir dans un carnet tous les délires de Laurent dont il n’a pas l’ombre d’un souvenir. Ces délires sont sa boîte noire, celle qui survit pour livrer ses secrets. Et Laurent veut TOUT savoir…

- « La Volière » est sans doute la nouvelle la plus tendre du recueil, sorte de petit voyage à la recherche des racines de l’autre. Un jeune homme s’est promis de respecter les dernières volontés de son oncle : l’enterrer auprès de la « volière ». Mais de volière, il n’en connaît aucune… L’occasion de marcher à reculons sur une vie construite sur les souvenirs et les amours passés.

- « Un temps de blues » ou comment être encore plus blue lorsque la pluie tombe et qu’un juke-box s’entête à jouer un « Stand by me » interprété par Celentano. Le seul remède : être capable d’arrêter la pluie. Ca tombe bien, notre héros, c’est dans ses cordes...

- « Transfert » est, selon moi, la meilleure. Une bonne dose d’ironie, un ton enlevé et perspicace. Se réveiller un matin, et, pour la première fois, être surpris par sa femme, celle que l’on aime tant, que l’on connaît sur le bout des doigts, toute prévisible qu’elle est dans ses réactions et habitudes. « Chéri, je crois que tu fais une dépression ». Ou comment devenir ce que les autres croient voir en nous.

- « La pétition » narre les déboire d’un journaliste maladroit qui, pensant réaliser l’interview qui va lancer sa carrière (Harrison Ford, pensez donc) et, du même coup, conquérir le cœur d’une femme qui l’ignore. Oui, mais… il y a toujours un mais. Parfois même plusieurs. Il y en a qui n’ont décidément pas de chance…

En conclusion, un petit cocktail piquant et un agréable moyen d’apprécier le style Benacquista, narratif, imagé et dynamique.

Un recueil très « tranches de vie » mais qui n’a rien de vaniteux, qui ouvre juste son œil sur l’être humain et le raconte tel qu’il le voit, en y ajoutant un peu de sel.
Du plaisir simple.

2 commentaires:

Allie a dit…

J'ai noté ce titre! J'avais lu "La boîte noire" en bd, que j'avais aussi beaucoup aimé, mais sous forme de nouvelle ça me plairait! Surtout que ce livre en contient d'autres, pas la bd!
J'aime beaucoup Benacquista :)

Un petit Belge a dit…

Venez tous réagir à mon coup de gueule contre le racisme sur le blog http://journalpetitbelge.blogspot.com