samedi, août 19, 2006

Petite chanson du jour...

Sans attendre la quille,
Je sors de ma coquille
Désertant la caserne
Qui me gouverne
Pour flâner dans la rue
Avec d'autre recrues
Dans nos manteaux d'hiver,
Papillons verts.
C'est au coeur de la ville,
La vie civile
Que nos soldes sont bues.
Les bourgeoises enchantées
De se désargenter,
D'aller faire les boutiques,
Papillons chics...

Les papillons... Les papillons...

Le diable nous emporte
Avec les feuilles mortes
Au grand bal des fantômes
Papillons jaunes
Ou dans quelque manège
Sous les flocons de neige,
Angéliques et mouillants,
Papillons blancs.
La cigarette au bec,
Je poursuis ma cueillette
En regardant descendre
Un papillon de cendres
Dans l'anonymat
D'une salle de cinéma
Parmi d'autre poussières
En habit de lumière...

Les papillons... Les papillons...

Dire que mes vingt ans,
Je les passe à tuer le temps
Sans connaître la gloire
D'être un seul soir
Un as de la voltige,
Matador de vingt piges,
Un coquelicot qui bouge,
Papillons rouges.
Moi, c'est grisé d'alcool
Que je prends mon envol
Dans la rue vers minuit,
Papillons gris.
La Lune les libère
Et, sous les réverbères,
Ce sont les noctambules
Qui déambulent...

Les papillons... Les papillons...

Parfois, parmi le nombre
On voit une ombre
Qui fait parler ses yeux,
Papillons bleus
Mais on n'écoute rien:
On pense à autre chose
Quand ses lèvres nous causent,
Papillons roses
Et parfois, on la suit,
Sous son grand parapluie
Mais son prénom nous fuit,
Papillons de nuit
Et quand, le lendemain,
Il reste sur la main
L'ombre de son parfum,
Tout un jardin,
Elle est déjà loin.
Elle n'est plus qu'un point
Et c'est le désespoir
Papillons noirs...
Car sur le guéridon,
Griffonné au crayon,
Il reste un papillon:
"Adieu Léon".

Les papillons... Les papillons...

Thomas Fersen

1 commentaire:

Saint Cerf a dit…

Feuillée de chairs

une fleur

une rose

de titillement éclose

par une soirée sure

au magma de l'obscur


pétales feuillus

fleur engeignée de caresses

à l'orée d'une nuit en coulée

sur un lit



humide pli d'été

sous un soleil sans rais

aux ailes de comète


fleur pistil

vermillon dard

aux doux bruissements

charmé soudainement

par le saccadé son

d'un frémissant gémir

cri sismique d'un sein

de jouissance enraidi

l'oeil vert myrte dilaté

et se dessoudent au dedans

les nébuleux instants

nénuphars flottants

dans une mare de silence