mardi, août 08, 2006

"La Musique du Hasard", de Paul Auster

La faute à pas de chance

Tout balancer, avec deux cents mille dollars en poche, quitter son boulot de pompier, s’acheter une nouvelle voiture, faire une croix sur son passé et rouler. N’importe où, n’importe comment, des centaines de kilomètres, à cette allure grisante et indéfinie, avec Bach ou un autre, peut-être, en fond sonore.

Nashe a hérité de son père, l’inconnu, mort alors qu’il était encore vivant, mais mort pour de vrai, cette fois. Il règle ses dettes et file vers le néant de la route, plus loin chaque jour. Pendant des mois, happé par une réelle dépendance, il roule, au gré du hasard.

Ce hasard toujours moqueur va lui faire rencontrer Jack Pozzi, dit Jackpot, joueur de poker talentueux qui lui offre l’opportunité d’investir ce qui lui reste d’argent dans une partie soi-disant infaillible, une partie où deux milliardaires excentriques, Flower et Stone, joueront les adversaires à plumer.

Et dès que la partie commence, les limites se perdent…

Un roman crescendo, où la pression monte, à l’intérieur de ce huis clos étrange, désaccordé, où le contrôle est le seul enjeu qui reste. Hasard, encore et toujours, au centre de la réflexion austerienne, quête de soi, relation à l’autre et à sa propre vie. Un livre passionnant, sur l’errance de cette liberté qui peut nous être si accessible ou si étrangère, et ce, en un claquement de doigt.

Auster est maître en pirouettes, en question posées, en réponses éludées, ce qui joue parfois à son désavantage, mais laisse derrière lui la trace d’un excellent écrivain.

3 commentaires:

Marielle a dit…

J'ai aimé ce roman de Auster mais je lui ai cependant reproché quelques faiblesses. J'ai par exemple regretté de ne pas en apprendre plus sur la personnalité des deux milliardaires et de leur homme de main. Je déplore aussi que la visite de la prostituée de luxe se résume à une partie de blabla anodin et de jambes en l'air, il y avait pourtant un beau portrait psychologique à façonner, tant chez Jim que chez Jack, face à cette intrusion, même volontaire, dans leur nouvelle vie.
Un peu l'impression que si il avait voulu, Auster aurait pu faire mieux, mais que bon, ça lui suffisait sans doute comme ça.
Je trouve aussi que la fin ressemble à une pirouette, un peu facile, l'escamotage de toutes les réponses à nos questions.
Malgré tout, cela reste un bon roman avec des passages d'une infinie richesse, comme ceux tournant autour de la construction du mur ou de la dépendance de Nashe à la conduite. Pas de véritable déception donc en ce qui me concerne, mais un léger sentiment de manque et une impression de "aurait pu encore mieux faire".

anjelica a dit…

Je n'ai lu que Brooklyn folies dans le cadre du challenge ABC et j'ai bien aimé. Pas encore lu d'autres !

euh ??? a dit…

ouai ça va pas mal le livre mais un peu bizarre !!! tres bizzard ...